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Rétrospective 2023

L’année 2023 a été marquée par un « atterrissage en douceur » des économies mondiales grâce aux actions des banques centrales, qui ont maîtrisé l’inflation sans provoquer de récession. Bien que certains pays européens aient rencontré des difficultés, cette période a offert de belles opportunités de performance pour les investisseurs institutionnels. Voici une analyse de cette année et de son impact sur les marchés financiers.

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Placement 2023

L’« atterrissage en douceur » que les banques centrales semblent avoir réussi en 2023 restera sans doute l’événement majeur de l’année économique. En effet, la série de hausses des taux directeurs orchestrées par les banquiers centraux depuis 2022 (hausse cumulée de près de 5 % pour l’Eurozone et les États-Unis) a contribué à la baisse de l’inflation via un ralentissement « contrôlé » de l’économie qui n’a pas débouché sur une récession. L’inflation, qui avait atteint environ 10 % durant le 2e semestre 2022, a fortement reculé jusqu’à fin 2023, atteignant des niveaux proches de 3 % dans les pays développés. Cette évolution a permis aux investisseurs, en particulier aux investisseurs institutionnels, d’obtenir de belles performances financières en 2023.

L’année avait pourtant démarré assez mal, avec de fortes craintes de récession en raison des nombreuses hausses de taux directeurs opérées par les banques centrales depuis début 2022. Ces craintes se sont en partie réalisées, d’autant plus que certains pays exportateurs du nord de l’Europe, comme l’Allemagne, ont souffert de la baisse de leurs exportations et de la hausse des prix de l’énergie, ce qui a entraîné une contraction de leur produit intérieur brut de 0.3 % en 2023. Le déclin des exportations était partiellement lié aux difficultés économiques de la Chine, l’un des plus grands partenaires commerciaux de l’Europe, confrontée à une crise immobilière et à une déflation depuis 2023. La forte hausse des prix de l’énergie était en grande partie due à la guerre en Ukraine. Finalement, le produit intérieur brut de l’Eurozone a stagné en 2023, enregistrant une faible hausse de 0.1 %, tandis que la Suisse a enregistré une croissance de 0.4 %. En revanche, la croissance économique aux États-Unis est restée forte, à 3.1 %, en grande partie grâce aux mesures gouvernementales de stimulus économique.

Malgré ces performances contrastées, la forte hausse des taux d’intérêt et l’augmentation des coûts de refinancement des particuliers, entreprises et gouvernements ont contribué au ralentissement de l’économie. Plusieurs secteurs, notamment le secteur bancaire, ont été mis en difficulté. Une crise de confiance a secoué les banques au premier trimestre 2023. Bien qu’une hausse des taux d’intérêt soit généralement positive pour les banques, celle de 2022-2023 a été trop rapide, augmentant plus rapidement la charge d’intérêt sur le passif du bilan (rémunération des dépôts bancaires) que les gains sur l’actif. Ce déséquilibre, combiné à un recul de l’activité de crédit, a provoqué des pertes importantes pour les banques les plus fragiles, entraînant une panique générale. Les investisseurs ont vendu massivement leurs actions, tandis que les déposants ont retiré leurs fonds.

Cette crise bancaire s’est aussi propagée à d’autres institutions financières, comme Silvergate, en raison des risques liés aux cryptomonnaies, ou la division investment banking de Credit Suisse. Malgré la solidité présumée de sa situation financière, aucune mesure n’a suffi pour restaurer la confiance et empêcher la chute du cours de l’action du géant bancaire suisse. Les autorités suisses ont alors organisé un rachat par l’UBS, avec des garanties gouvernementales. Cette opération semble aujourd’hui avoir été un succès, car le secteur financier suisse continue de fonctionner normalement, malgré divers ajustements.

En Suisse, l’inflation avait atteint 3.5 % en 2022, bien plus faible qu’en Europe ou aux États-Unis, grâce à l’appréciation du franc fort, qui a exercé une pression baissière sur le prix des biens et services importés. En conséquence, la Banque nationale suisse n’a pas eu besoin de procéder à des hausses de taux aussi importantes qu’en Europe ou aux États-Unis. Toutefois, la population suisse a dû faire face à plusieurs hausses de prix, notamment pour les primes d’assurance maladie et les loyers.

Dans ce contexte global d’incertitudes, les performances des marchés financiers mondiaux sont restées mitigées jusqu’à fin octobre. Cependant, l’inflation, qui avait atteint des niveaux record de près de 10 % au cours du 2e semestre 2022, a commencé à reculer tout au long de 2023, notamment aux États-Unis et en Europe. Vers la fin de l’année, l’inflation s’approchait de la cible de 2 % visée par les banques centrales, ce qui a suggéré que ces dernières pourraient relâcher leur combat contre la hausse des prix et potentiellement abaisser leurs taux directeurs en 2024 pour soutenir une économie en ralentissement. Ce scénario optimiste a généré, sur les deux derniers mois de 2023, l’essentiel de la performance des marchés financiers de l’année, affectant positivement les obligations, les actions et l’immobilier.